Bordeaux insolite : petit itinéraire n°1

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Aujourd’hui, nous vous proposons le premier « petit parcours » au départ de notre hôtel, le Best Western Premier Bordeaux Bayonne Etche-Ona : à la recherche de détails insolites de notre architecture urbaine ! D’autres parcours suivront prochainement, ne les manquez pas 🙂

Vous êtes prêts ?

Montaigne et Bordeaux

Montaigne et Bordeaux

En sortant de l’hôtel, rendez vous sur le cours de l’Intendance, prenez sur votre droite puis remontez le jusqu’à la place Gambetta. Une fois sur cette place, cherchez le n°10, vous y trouverez une borne discrète, de la couleur grise du mur sur lequel elle est adossée. Elle est classée à l’Inventaire des Monuments Historiques. On y distingue à peine l’inscription “origine du bornage”. Cette borne marque, depuis la fin du XIXe siècle, le point central à partir duquel toutes les distances de et vers Bordeaux étaient mesurées.

C’est sur cette même place Gambetta, en pleine rénovation aujourd’hui, que la guillotine a été installée pendant la Révolution et que 300 exécutions ont eu lieu…

Au n°14 de la place, au-dessus d’un café-restaurant, deux mascarons symbolisent la lumière en franc-maçonnerie :

  • Celui de gauche représente un homme tête nue et un superbe croissant de lune
  • Celui de droite, un homme coiffé d’un chapeau, sous un soleil éclatant
Exemple de Mascaron à Bordeaux

Exemple de Mascaron à Bordeaux

L’homme tête nue serait au début de son initiation, il est éclairé par la lumière douce de la lune, tandis que l’homme chapeauté serait un maître, bénéficiant de la lumière éclatante du soleil car il est plus avancé dans la connaissance.

 

Pour en savoir plus sur les mascarons de Bordeaux, vous pouvez lire notre article du 17 octobre 2018.

Engagez-vous maintenant dans la rue Bouffard, au n°8, tout à côté près de la place Gambetta. Vous y trouverez un mascaron de Pierrot reconnaissable à sa collerette et son bonnet rond. Il a servi d’enseigne de 1912 à 1990 à une boutique de location de déguisements et costumes 🙂

Retournez ensuite sur vos pas et emprunter le passage sous la Porte Dijeaux, dirigez-vous vers la rue du même nom. Tournez ensuite à droite dans la rue de Ruat jusqu’à la première rue à gauche, la rue Poquelin Molière. C’est au n°45 que vous trouverez ce balcon maçonnique : deux triangles joints par leur base, pointe en haut pour l’un, pointe en bas pour l’autre, encadrent un compas, un fil à plomb, une équerre et un niveau.

Poursuivez dans cette rue sur 250 m et prenez en face la rue Margaux. À l’angle des rue Castillon et Margaux se trouve la Pharmacie des Carmes et ses deux vases sculptés de part et d’autre de la porte d’entréeC’est un moine carmélite qui fonda cette pharmacie en 1791, après l’obtention d’une dérogation pour exercer en dehors du couvent. Les deux vases servaient d’enseigne. Leurs anses représentent des serpents, symbole médical depuis 1222. Il y avait autrefois une plaque en leur centre avec l’inscription “Eau de Mélisse”. C’est là que se vendait l’Eau de Mélisse des Carmes, cette préparation alcoolisée à base de 14 plantes et 9 épices. La formule secrète avait été créée en 1611 par les Carmes parisiens pour soulager des nombreux maux, problèmes digestifs, migraines, nervosité, etc. La formule de Bordeaux est probablement un peu différente.

Si vous voulez voir la plus ancienne pharmacie de Bordeaux, il vous faudra aller au 70 cours Alsace Lorraine. Elle a été fondée en 1729. Elle a changé depuis, mais a gardé ses décors anciens, boiseries, marbre et dorures. Elle est située en dehors de ce circuit, à 700 m, à environ 8 minutes à pied.

Découvrez également notre article des passages couverts de Bordeaux 

Poursuivez maintenant votre chemin jusqu’à la rue Sainte Catherine, la rue piétonne commerçante la plus longue d’Europe. Traversez-la et continuez sur la rue du Parlement Sainte Catherine, vers la Place du Parlement. Empruntez ensuite la rue du Parlement Saint-Pierre et prenez à gauche sur la rue des Capérans. Levez les yeux et cherchez les fenêtres insolites : vous les trouverez au n°19. Elles ont été décalées pour capter le maximum de lumière dans cette rue étroite et sombre.

Retournez sur vos pas et prenez sur votre gauche la rue du Parlement Saint-Pierre. A environ 70 m, prenez à gauche la rue des Faussets. Au n°7, vous pourrez voir un balcon en fer forgé remarquableCet immeuble a été construit pour un armateur bordelais sous le Premier Empire, comme le laisse deviner la frise des aigles en haut de la façade. Le balcon présente plusieurs symboles, tels que des tridents, des étoiles à cinq branches, des serpents de mer qui se mordent la queue comme les ouroboros, ce symbole ésotérique que l’on trouve dans de nombreux bijoux anciens. Les premières apparitions de ce motif remontent à l’Egypte ancienne. C’est l’emblème du cycle éternel de la nature et du temps qui se répète sans cesse. Il est aussi synonyme de protection pour de nombreuses civilisations.

Dans cet immeuble a vécu un artiste sulfureux, peintre, photographe et poète. Une plaque y a été posée en sa mémoire : « Pierre Molinier, peintre né en 1900, la Femme, la Peinture, le Pistolet, DCD en 1976, ici la commune de Saint Pierre en vieux Bordeaux. » Connu pour son oeuvre érotique dans lequel il se mettait en scène, il avait une passion fétichiste pour les jambes.

Continuons notre parcours : prenez la direction nord de la rue des Faussets et tournez à gauche dans la rue Leupold, puis à droite, descendez la rue Fernand Philippart, jusqu’à la Place de la BourseBien qu’elle ne fasse pas partie de notre visite des lieux insolites de la ville, puisque c’est un des lieux emblématiques de Bordeaux, avec ses façades du XVIIIe siècle, sa fontaine des 3 grâces et son miroir d’eau, prenez le temps de l’admirer 🙂 Regardez ensuite vers le fleuve. Si la marée est basse, vous pourrez apercevoir ce qui semble être des rondins de bois. En fait ce sont des épaves de navires de la Seconde Guerre Mondiale, coulés par les allemands avant de quitter Bordeaux en août 1944.

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Sur votre gauche, si vous êtes face au fleuve, juste à côté du Musée National des Douanes, vous trouverez un musée fort intéressant qui abrite le Site Culturel Bordeaux Patrimoine Mondial. Il présente le patrimoine exceptionnel de la ville, son évolution au fil des siècles jusque 2030 grâce à des images de synthèse, des tablettes tactiles, des vidéo-projections et des films. Une grande table numérique interactive permet une visite en 3D de la ville actuelle et d’y faire apparaître les remparts et monuments disparus, ainsi que les aménagements futurs (ouvert tous les jours de 10h à 19h – entrée gratuite).

Pour lire l’article sur le miroir d’eau de Bordeaux et découvrir son histoire , c’est ici

Avant de vous réengager dans la rue Fernand Philippart, à l’angle de la place et de la rue, admirez le mascaron représentant la tête d’une africaine. Il évoque, bien sûr, la part jouée par la ville de Bordeaux dans le commerce triangulaire. De 1642 à 1848, les navires partaient des ports européens chargés de produits à destination des comptoirs d’Afrique. Après avoir vidé leurs marchandises, ils les remplaçaient à bord par des africains arrachés à leur terre pour être vendus comme esclaves pour les plantations des Antilles. Ils revenaient ensuite à leur port d’origine chargés de sucre, café, cacao, tabac, épices… Certains bateaux rentraient aussi avec des esclaves qu’ils revendaient sur place. Il y a eu jusqu’à 3200 esclaves présents dans Bordeaux. La ville était le 2ème port négrier de France.

Lorsque vous irez visiter la Cité du Vin, vous trouverez dans un muret quai des Chartrons une plaque commémorative portant l’inscription: “À la fin du XVIIe siècle, de ce lieu est parti le premier navire armé dans le port de Bordeaux pour la traite des Noirs.”

Cité du vin Bordeaux

Remontez la rue Fernand Philippart, homme politique, entrepreneur bordelais et maire de Bordeaux de 1919 à 1925. Rue étroite, aux façades du XVIIIe siècle, deux étages aux fenêtres hautes surmontées de mascarons et balcons ornés de ferronnerie. Sous la plaque de rue à son nom, on peut lire, gravés dans la pierre, les noms précédents de la rue : rue Royale, puis, sous la révolution, rue de la Liberté. Prenez le temps d’observer les mascarons tout au long de la rue.

Vous arrivez sur la jolie Place du Parlement, autrefois nommée place du Marché Royal, puis, bien sûr, place du Marché de la Liberté. Remontez la rue Parlement Sainte-Catherine, puis la deuxième à droite, rue Piliers de Tutelle. Remontez-la jusqu’au Cours du Chapeau-Rouge, qui longe Le Grand Théâtre. Traversez la Place de la Comédie puis revenez sur le cours de l’Intendance.

Juste avant d’arriver à votre hôtel, le Best Western Premier Bordeaux Bayonne Etche-Ona, remarquez sur votre droite Le Dog’s Bar, vestige d’un abreuvoir pour chiens. Il a été installé dans les années 1950 par le fondateur et propriétaire de la boutique Bordeaux Stylos. Aimait-il les chiens ou ses clients en possédaient-ils ? Et pourquoi l’inscription était-elle en anglais ? Un rappel du passé ancien de la ville et d’Aliénor d’Aquitaine peut-être ? L’abreuvoir a été taillé dans un bloc de granit norvégien. Il fut inauguré en grande pompe, au son du cor de chasse et en présence d’une meute !

Et voilà, vous voici de retour dans votre hôtel 🙂
Vous avez bien mérité de vous détendre dans l’un de nos salons lounge ou dans votre chambre douillette.

Pour plus de détails sur les lieux insolites de Bordeaux, parcourez le livre de Jean-Marie Beuzelin « Bordeaux Méconnu ».

Vos itinéraires Google Maps :

https://goo.gl/maps/bJ6w3FbBqZKpn1Px5

https://goo.gl/maps/yMwAgYu2Wy62RzGu6

 

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